Lady Gaga

Des fois j’ai vraiment l’impression de vivre sur une autre planète.  Ça doit faire genre 2 semaines que je sais c’est qui Lady Gaga.  J’ai entendu parler d’elle pour la première y’a quelques mois, quand j’avais posté le tout frais et chaud vidéo Libido Macro de Donzelle sur Facebook, quelqu’un avait commenté que c’était la Lady Gaga du Québec.  De nature peu curieuse, j’ai même pas cherché à savoir c’était qui ça, Lady Gaga…  pis là, je l’ai découvert avec son vidéo Bad Romance.

Ce matin, je publiais un vidéo de Stefani Germanotta, Lady Gaga avant le Gaga, une jazz girl aux longs cheveux bruns, nus pieds à son piano.  Une belle ti toune qui ferait sans doute pleurer ma mère.  Pis là, les commentaires ont commencés… «elle était bonne avant de vouloir faire du cash… moi j’aime mieux ce qu’elle faisait avant… quand a se prenait pas pour une chick…» voyez le genre.  Le genre de commentaire que j’aurais été tenté d’avoir moi-même si tout l’monde l’avait pas eu.  J’aime bien contredire les autres alors c’est là que j’me suis décidé à aller voir c’t’ait qui ça Lady Gaga.

Pis finalement… j’en suis venue à cette réflexion.

Pour moi, Lady Gaga est un exemple de démocratisation (certains préféreront le terme «vulgarisation») de l’Art contemporain.  Elle nous fait une sorte de parodie de l’industrie de la musique, pis ça pogne comme ça s’peut pas.  Comme Jean Leloup genre…  mais avec des nichons, avantage qui lui confère certainement le porte feuille que Johnny n’aura jamais… quoi que…  Annick Jean, c’était un bel essai… mais bon, bienvenue au Québec.  Mais en même temps, c’est pas n’importe qui qui peut endosser la peau d’un personnage comme celui de Lady Gaga.  Qu’il y ait du cash à faire ou non.

Un autre exemple bien de chez nous, c’est quand Anonymus et Mononc Serge se sont réuni.  Ils avaient jamais autant fait d’argent qu’avec l’Académie du Massacre.  Fack là y’ont composé vite vite un 2e album qu’ils exploitent le plus qui peuvent, pis ça marche, le monde embarque.  Est-ce qu’il y a de quoi de mal là dedans ?  C’est trippant un show de Mononc & Anonymus, tout est permis ou presque, même un Mononc Serge qui fait du body surfing en g-string.   Ça fait du bien un peu de divertissement. Pis ça fait sûrement du bien du cash dans leur compte de banque. Vous trouvez ça tiré par les cheveux, Mononc Serge comme art comteporain ?  Ma sœur avait fait son travail d’Histoire de l’Art sur le show de la Pacques Satanique de Mononc Serge et Anonymus comme oeuvre contemporaine et elle avait eu 100%, (avec mention «sujet audacieux», me précise-t-elle).  Je e souviens qu’elle avait pas osé demander à son prof si c’était ok comme sujet au cas qu’elle dirait non…

J’me souviens encore d’un certain remous qu’avec causé un Mononc Serge crucifié sur la première page d’un cahier de La Presse.  Mais faut pas aller croire que Serge Robert est aussi con que Mononc’Serge est cave.  Ni que les gars d’Anonymus, c’est des pwèlls métal pouilleux stone 24 sur 24.

On a donc ici une Stefani Germanotta talentueuse qui nous joue des ballades avec sa superbe voix mais qui reste dans l’ombre, danse le burlesque comme boulot, et compose des tounes pour NKOTB, Britney Spears ou Fergie ou une Lady Gaga qui pousse les limites de l’acceptable, qui prends quand même des risques que toutes les chanteuses de ce monde ne pourraient probablement pas se permettre de prendre.  Ouais! Une Gaga qui  fait de l’argent.  C’est mal faire de l’argent ?  C’est tu une idée répandue à travers le monde ça ?  Ou si c’est vraiment juste au Québec qu’on a cette mentalité que l’argent vient du Diable ou je sais pas quoi?

Bref, on oublie que derrière la machine Lady Gaga , ou n’importe quelle autre machine du genre, ya un ou des humains qui créent.  Le personnage ici est à mon avis très bien exécuté.  Et mon opinion est que je préfère la créativité qui ressort de la machine Lady Gaga que la machine Céline Dion.

Regardez ses clips (coupez le son si vous êtes pas capab), les formes (pas juste les siennes), les couleurs, les contrastes…  Y’a du boulot là dedans, y’a de la créativité en masse.  Pis oui, des moyens financiers pour en arriver à un produit de qualité…  On a là un beau collectif d’artiste (Haus of Gaga) qui travaille sur la création de ses tenues, ses décors, et sons. Mais c’est aussi une œuvre globale qui représente bien le niveau d’hyper-consommation et d’hyper-sexualisation de notre société actuelle.

Ça sert à quoi l’art ?  À faire réfléchir, a créer des discussions, à changer des choses, à réinventer, à ouvrir l’esprit, à révolutionner.  Entre autre.  Et à mon avis, Lady Gaga mérite de passer à l’histoire tout comme ses principales influences… devinez qui ?  Bowie et Madonna.  Et puis, faut quand même pas oublier qu’à leur époque, Beethoven, les Beatles et Elvis étaient aussi controversés…

J’achèterai pas l’album de Lady Gaga, j’aime pas ses chansons.  J’aurais pas non plus acheté celui de Stefani Germanotta. Je suis pas mal plus du type «scène locale émergente qui émerge jamais», sans compter que je dois ben avoir 3 semaines de reggae non-stop dans mon ordi.  On peut pas tout aimer !  Mais ya des chances que j’me paye le luxe de pouvoir dire un jour que je l’ai déjà vu live.

D’ici là, pendant que Jean Leloup nous propose un concours de danse, des mèches de cheveux de Lady Gaga sont en vente pour la modique somme de 98$ (ça vient avec 2 cd) et à mon grand bonheur, y’a du monde assez fou pour aller s’acheter ça.  Je pourrai donc continuer d’analyser et de déblatérer à moi-même sur  l’œuvre Lady Gaga directement de mon salon.

Lady Gaga , avant le gaga

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  1. 25 novembre 2009 à 10:27

    C’est sûr…Tous les musiciens que je connais (n=5) respectent beaucoup Lady Gaga. Non mais pour vrai…

    • julinthesky
      25 novembre 2009 à 1:35

      Musicien ou pas, je connais pas grand monde tout court qui la respecte. Je pense pas non plus que ce soit son but. Est-ce qu’on respecte un chanteur heavy métal parce qu’il simule la nutrition par les rats ou bébés humains pendant un show?

      Mon point est plutôt : c’est quoi la différence entre une reine d’une pièce de théatre de la Renaissance qui, faute d’arriver à séduire son propre fils ainé, l’empoisonne pour s’assurer que sa bru, qui lui avait autrefois volé son propre mari, ne puisse jamais devenir reine; et une chanteuse qui assassine son boyfriend dans un vidéoclip parce qu’il lui a fait un coup de cochon. À part le contexte social, le médias et le budjet… pour moi c’est du pareil au même.

  2. Julie Brunet
    25 novembre 2009 à 6:46

    Non, sérieusement, musicalement, sans parler du reste, je crois qu’elle est assez respectée dans le milieu.

    • julinthesky
      25 novembre 2009 à 8:46

      hihihi j’pensais qu’tu faisais du sarcarsme… sur mon Facebook, a s’est fait planté solide!!! mais j’pense qu’y’en a 2-3 qui ont revu leur première impression…

  3. 26 novembre 2009 à 9:52

    Je dis pas qu’elle a pas l’air d’une guédaille parzemp…

  4. 15 mars 2010 à 12:22

    Interressant.
    Gaga est une de celle que j’admire le plus. C’est la personne qui lutte le plus, tout dumoins qui y arrive le mieux, contre tous les conservateurs et arriérés à la pensée courte. Elle se sert de la pop pour entreprendre la révolution morale qu’on arrive pas à entreprendre politiquement, en tout cas trop doucement. Je lui dit mille mercis et si ça vous étonne, posez moi des questions.

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